Paracha de la semaine

Chabbat Chouva » ou « Chabbat Techouva« ?

 

Le Chabbat de cette semaine porte un nom particulier. Ou plutôt, il en porte deux.

Il est parfois appelé « Chabbat Chouva », du nom de la Haftara, le texte des Prophètes lu chaque semaine après la lecture de la Torah et qui débute cette semaine par l’exhortation du prophète Hoshéa : « Reviens, Israël, jusqu’à l’Éternel, ton D.ieu. » (Osée 14, 2)

Il est également appelé « Chabbat Techouva », car c’est le Chabbat qui tombe dans les Dix Jours de Techouva, la période de repentir et de retour à D.ieu qui va de Roch Hachana à Yom Kippour. Ce nom est d’ailleurs aussi lié avec la Haftara, puisque le thème de celle-ci est précisément la Techouva.

ChouvaTechouva, nuance négligeable ? Pas vraiment, comme nous allons le voir.

« Chouva » est un verbe à l’impératif : « Reviens ! », c’est l’invitation de D.ieu à revenir vers Lui ; « Techouva » désigne le retour en lui-même.

Le nom de « Chabbat Techouva » désigne la situation actuelle : la Techouva est un fait, les Juifs retournent vers D.ieu de tout leur cœur, avec sincérité et détermination.

S’il en est ainsi, pourquoi continuer à appeler ce jour du nom de « Chabbat Chouva » ? Cet impératif suggère que la Techouva est justement absente, qu’elle se fait désirer et qu’il est grand temps de s’y livrer.

Il semble alors que « Chouva » contredise « Techouva ».

Le Rabbi de Loubavitch résout cela avec une idée caractéristique de la pensée ‘Habad : quand bien même a-t-on véritablement atteint un degré honorable de Techouva, il faut continuer à aller de l’avant et viser un niveau de Techouva encore supérieur. Il faut chercher à se rapprocher encore plus de D.ieu, à sanctifier encore davantage sa vie quotidienne.

C’est pour cela que le prophète précise : « Reviens, Israël, jusqu’à l’Éternel, ton D.ieu. » D.ieu est infini, et Il nous demande – et révèle ainsi en nous les forces – de revenir « jusqu’à Lui », c’est-à-dire de toujours nous élever, de toujours nous approfondir, de toujours accomplir plus, révélant en cela l’étincelle divine de notre âme dont le pouvoir est infini.

En ce début d’année, alors que nous faisons Techouva et réexaminons les modalités de notre vie, soyons conscients que D.ieu nous permet d’effectuer en nous une véritable révolution pour le bien.

Et, quand nous l’aurons entamée, visons encore plus haut ! Dis-moi comment s’appelle ton Chabbat par Emmanuel Mergui